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vendredi 13 juin 2008

Dépressurisationnée

Bon, alors oussqu'on en était ?
Ah oué.

3) Troisième épreuve : L'ÉPREUVE DU FEU

(Oui, comme à Koh Lanta, mais ça je l'avais déjà dit, faut suivre un peu. Et puis de vouzamoi, bonjour la référence hein, je serais pas fière à votre place.)

Non, chez Erf, c'est encore vachtement plus ouf qu'à Koh Lanta.
C'est l'épreuve où ils nous font rentrer dans une autre fausse cabine, et où, le plus tranquillement du monde, que fait-il notre instructeur, hein que fait-il ?

Il allume des feux. Mais des VRAIS feux.

1 sous un siège
1 dans un coffre à bagage
1 dans un four du galley (l'endroit où on réchauffe les plateaux-repas)

Puis, tranquillement toujours, il se retourne vers nous et pendant que les feux grandissent et commencent à faire du bruit dans son dos, il entreprend de nous expliquer comment faire fonctionner l'extincteur. Il nous dit par exemple qu'il ne faut pas le pencher à plus de 45° sinon, on ne fait sortir que le gaz pulvérisateur, qui lui (c'est là que vous aller rire) attise le feu.
Dans nos regards un brin paniqués, je sens passer le même question : ils n'auraient pas pu choisir un autre gaz qu'un gaz inflammable pour fabriquer un extincteur ??
Mais non, apparemment c'est comme ça que ça marche.
Mais faut pas appuyer plus de 6 secondes sinon, pareil, on attise le feu.
Et faut le faire en une seule fois, si on fait par petits bouts, ça attise le feu aussi.

C'est là qu'on répète 20 fois en boucle dans sa tête "ce sont des scientifiques qui l'ont conçu. Ils savaient ce qu'ils faisaient."
En priant pour que la méthode Coué marche.

Quand vraiment les feux commencent à devenir gros et que vraiment nous on commence à se demander : "mais il est au courant qu'il y a le feu là, hein il est au courant rassure-moi, oui mais il est au courant que là un peu plus ça va lui cramer le dos, hein quand même, tu crois qu'il est au courant là ?" à ce moment-là seulement, l'instructeur prend l'extincteur d'une main nonchalante et en moins de 2, tout est éteint.

Nous, on a un peu l'impression d'être des miraculés ayant mystérieusement échappé à une mort certaine, mais lui pouf pouf, grande classe, pose le truc, se frotte les mains... Il fait ça tous les jours.
(Ce qui lui donne un vague air de James Bond, vous savez : "Comment ça, Merci d'avoir sauvé le monde ? Oh... bof c'était juste pour rendre service, n'en parlons plus.")

Ben n'empêche qu'en sortant de la cabine on sentait le cramé. N'empêche.

4) Quatrième épreuve

Après toutes ces dures épreuves, nous croyions ("yi", oué, t'as vu... c'est rigolo) avoir fait le pire.
Ah. Ah. Que naïfs nous étions !

Profitant de notre candeur et de notre innocence, le fourbe instructeur en profita pour nous faire monter dans un simulateur de vol (sur vérins et tout, comme à Eurodisney !)
Nous on y va tous contents, et en plus on s'aperçoit qu'à l'intérieur il y a des écrans derrière les faux hublots pour faire comme s'il y avait un vrai dehors qui bouge, et même qu'on a trouvé ça cro cro coule.
Pour nous mettre en condition, l'instructeur nous fait un "décollage-freinage" : c'est quand l'avion prend son élan (oooh t'as vu sur les écran, la piste elle défile c'est trop bieeeen), et au moment de décoller, IIIIHHHH freinage d'urgence, et bing on se prend le fauteuil de devant si on n'a pas eu le temps de mettre ses mains sous sa tête. Et c'est d'une puissance de fou, on a la ceinture qui nous plie en 2, et impossible de bouger le moindre muscle tant que ce n'est pas fini.

Là, profitant du fait qu'on soit bien sonnés, le fourbe instructeur prend quelques personnes pour constituer un "équipage", et pendant qu'on fait le service on doit savoir réagir aux problèmes et aux annonces.
Moi j'ai eu droit à ça :

toum tidoum, je fais mon service tranquillou, quand d'un coup,
BAMMMM, énorme bruit
PFSHHHHHHHT,  fumée qui remplit la cabine
blingbling bling, masques à oxygène qui tombent
Annonce : "Ici poste de pilotage, PNC assis attachés, descente d'urgence" (si vous entendez ça les gens, inquiétez-vous, c'est la phrase-code pour dire dépressurisation).
Ca veut dire qu'on est obligés de s'assoir quelque part tout de suite, s'il n'y a pas de place, il faut qu'on s'assoie sur un passager et qu'on lui demande de nous tenir (et c'est pas des blagues).
On a une dizaine de secondes de conscience utile pour mettre les masques, après on s'évanouit et c'est trop tard.
Et comme on était en train de faire le service, il y a la voiture-repas à surveiller : il faut qu'on se couche à moitié dessus pour l'empêcher de décoller et de retomber 2m plus loin en ayant tué 3 passagers entre-temps.
Et il faut tenir comme ça pendant 20 minutes, le temps que l'avion ait atteint une altitude de sécurité où on puisse respirer sans masque (4000 m à peu près).
Et ben je peux vous dire que même si ce n'est qu'un exercice, 20 minutes en ne voyant presque rien à cause de la fumée et du masque, en n'entendant rien, en essayant de peser de tout son poids sur la voiture-repas, et en stress au milieu des plateaux qui valdinguent, ça fait long !

Après avoir eu notre coup d'adrénaline, on a bien sûr eu droit au débriefing de notre JamesBondistique instructeur :

"Bon les gars, là évidemment, c'était pour de rire. Une vraie dépressurisation, ça veut dire que l'équilibre se fait avec l'extérieur : en 1 seconde, il fait -60° dans la cabine, et avec la condensation, on ne voit plus rien. Tout le monde a les tympans qui pètent en même temps, donc tout le monde saigne des oreilles, on n'entend plus rien il faut communiquer par signes. Mais comme de toute façon vous ne voyez rien, ce n'est même pas la peine d'essayer.
Les masques à oxygène, ils sont programmés pour donner juste assez d'oxygène aux passagers pour qu'ils ne tombent pas dans les pommes, vous vous aurez des bonbonnes, faudra aller les chercher si vous pouvez.
Et puis bon, après faudra compter les morts.
Ah oui, et puis l'altitude de sécurité étant de 4000 m, ben si ça vous arrive au-dessus de l'Himalaya, l'avion ne pourra pas descendre. Ca serait un coup de pas de pot, quoi."

Je vous laisse imaginer tous seuls notre état à ce moment-là du speech, je pense que je n'ai pas besoin de vous expliquer..

Et puis sachant que la journée n'était pas finie et qu'on a eu droit au topo sur les pirates de l'air, les détournements à main armée, les trafics de drogue, les transports de matières radioactives (très courant, mais les passagers ne le savent pas).... que je vous épargnerai quand même parce que je suis pas une sadique... comment vous dire.... On était quand même UN TOUT PETIT PEU MOINS ENTHOUSIASTES qu'au début. Bizarrement.

Et puis "A bientôt sur nos lignes" n'est-ce pas....



mardi 10 juin 2008

Enfumée

Bon alors les loupiots attention on se concentre, après la VM (voir en-dessous si tu ne parles pas encore couramment le Erf) et la formation commerciale, on attaque la crucialité de la chose, j'ai nommé :

LA FORMATION SÉCURITÉ poil au nez-nez (hurfhuhu)

1) Première épreuve
C'est organisé ici, on met des numéros et tout, ça rigole pas avec la rigoureusité.

Tout commença lorsque l'on nous demanda de sauter dans les toboggans d'évacuation. "Chouette" disâmes-nous. "Trop cooooool" disèrent même certains. 
Nous arrivâmes devant le toboggan en question.
"Ah tiens, c'est quand même plus haut que ce que je pensais..."
"Ouais c'est marrant hein... on dirait pas que c'est si haut dans leur ptites démos en 3D là... "
"Ouais, hein...."
"Ouais."

Nous gravitâmes l'escalier qui nous mena au sommet dudit toboggan. Arrivés en haut, nous eûmes mal aux cuisses. C'était mauvaise signe, un peu, parce que comme qui dirait que ça corroborait parfaitement notre première impression d'une altitude légèrement trop élevée à notre goût.
Ce fut à cet instant que nous comprenâmes qu'un élément nous avait échappé : non seulement le toboggan était d'une hauteur relativement très haute, mais il était également d'une verticalité très verticale.
Nous étâmes donc en très bonne condition pour écouter le petit topo qui disait que non non, on ne s'assoit pas pour se laisser glisser comme dans tout toboggan digne de ce nom : on prend son élan, on saute POUR DE VRAI, et on atterrit, bing sur les fesses en position de sécurité : jambes tendues et bras tendus devant nous poings fermés. Pourquoi les bras devant ? Parce que le plastique du toboggan s'échauffe très rapidement et qu'on risque de se brûler les mains si on les laisse traîner. D'ailleurs arrivés en bas, on avait les fesses à moitié carbonisées déjà. 
Et comme ils sont prévoyants chez Erf Rance, ils avaient bien pris la précaution de mettre dans la convocation de venir en tenue de sport "mais pas de pantalons en nylon".
Et tandis que cette précision qui m'avait parue très mystérieuse prenait tout son sens, une question s'imposa à moi : comment on fera, si jamais ça nous arrive en vrai de vrai et qu'on sera en talons et en collants en nylon
Mais j'étais tellement concentrée sur mon atterrissage de saut que je ne l'ai pas posée.
Sympa, une hôtesse qui prend feu par les jambes.
Ca doit être joli à voir, remarquez.

2) Deuxième épreuve
Sont originals mais titres de sous-parties hein. C'est bien pour vous que je me casse la tête à les trouver.

Où l'on nous apprend à mettre un masque anti-fumée. Que déjà, c'est pas de la tarte.
Où ce ne sont pas les gentils ptis masques à oxygène que vous voyez pendouiller au-dessus des sièges, non non. Gros masques avec grosse visière et gros machin pour respirer qui donnent l'air d'un cosmonaute.
Où l'on nous dit : "c'est bon t'es prêt ?"
Où, 1 par 1, on nous envoie en chercher 1 au fond-fin-fond d'une cabine enfumée.
Où l'on entre dans la cabine enfumée, en apnée.
Où l'on voit rien. Mais rien de rien.
Où l'on avance en se guidant avec les fauteuils.
Où l'on avance, on avance, on avance, on avance toujours.
Où l'on se dit "P'tain elle fait 3 km cette cabine ou quoi ?"
Où l'on est à la limite de l'asphyxie. Non, ne pas respirer, ne pas respirer, ne pas respirer.
Argh putain ça y'est j'ai respiré je vais mourir d'asphyxiation ! Help, quelqu'un !
Où l'on se rend compte que c'est de la petite fumée de boîte de nuit qui ne fait rien du tout. (Mais qui pue quand même).
Où l'on arrive finalement au fond de la cabine. On touche partout pour trouver le casier avec le masque dedans. 
Où l'on trouve le masque, VICTOIRE !
Où l'on s'aperçoit qu'il est dans une pochette, merde comme ça s'ouvre ce machin. Trouver la petite encoche pour déchirer la pochette (toujours sans rien voir).
Où l'on finit par mettre le masque, à l'endroit svp, ça veut dire la visière devant.
Où l'on se rend compte qu'à force d'avoir tourné sur soi-même pendant qu'on cherchait le devant du masque, on ne sait plus du tout par où est la sortie.
Où l'on avance un peu au hasard, avec les mains qui font plouf plouf devant soi.
Où l'on se prend une rangée de siège dans le genouquse.
Où, après moult tournages sur soi-même on arrive finalement à en sortir, masque de cosmonaute sur la tête.
Où on a l'impression d'être une héroïne (ou un héros si tu es un garçon de sesque masculin) qui a réussi une mission trop trop dure. Où on est trop fière.
Où l'instructeur dit : "Mouais, un peu long. Suivant."

3) Troisième épreuve : l'épreuve du feu

Comme chez Koh Lanta, tutafé.

A suivre


samedi 7 juin 2008

Formationnée

Coucou les loupiots ! [Voix forte qui se veut enjouée]

Dites donc, ça fait longteeeeeeemps que je vous avais pas vus ! [exclamation qui sous-entend : c'est un peu votre faute aussi]

Du coup, comme vous étiez partis, ben j'ai arrêté d'écrire, hein ! [Tentative de retournement de situation]

Mais comme je vous aime grave à mort [yeux de chat botté], et que vous me manquiez beaucoup beaucoup [petite dose de pathos pour amadouage de lectorat], ben je n'ai pas pu résister à l'appel de l'élastique SHTOÏÏÏÏNGGG qui me ramène immanquablement vers vous.
[mélange de pathos + métaphore du meilleur effet]

- Fin de la péroraison -

Ahem. Ordonc. 
Je vais avoir besoin d'un volontaire pour me remettre sur le chemin de la voie de la continuité du fil de ma pensée. Fil d'Ariane, même, puisque comme le dit le célèbre proverbe : Arianéfait tant qu'on l'a pas fait.
(poin poin poin, première blague pourrite du jour, bonjour !)

Et tant que j'y suis, je préviens l'assistance qu'après l'avoir bassinée avec mes histoires de livres de Falimarion-les-ballons, j'ai le pressentiment que je vais attaquer le bassinage avec les histoires d'avions, parce que c'est la saison qui commence, là...
(Vous pourrez pas dire que vous aurez pas été prévenus hein)

Ah on me rappelle gentiment que j'en étais au moment où mes bras s'étaient transformés en sacs de sable inutiles et encombrants.

Je sortais donc de la VM (Visite Médicale, mais chez Erf Rance, on dit VM, ça fait plus coule) qui s'était passée en poireautage, tests, poireautage, retests, des fois rigolos des fois pas rigolos, et des fois, limite si je les ai réussis, hein...
On m'a fait souffler dans le tuyau où il faut que ça fasse un pic sur la machine qui lit mon souffle et où pour moi ça faisait une vague colline mignonnette. J'ai recommencé de toutes mes forces et j'ai réussi à faire une honorable petite montagne, mais de pic, point. Déjà j'étais en train de préparer mes arguments pour dire que c'est leur machine qui marchait pas et que moi, attendez vous rigolez ou quoi, première championne mondiale du souffle et tout.
Mais heureusement, pas besoin, la dame m'a dit "on va dire que vous étiez essoufflée, allez, c'est bon".
Pour le coup, j'ai bien soufflé en sortant !

Ils m'ont fait faire des radios dans tous les sens, des os et des poumons. Même que j'ai bien fait rire le radioeur : 
Lui : huhu, vous vous êtes fait un tatouage sur les os ? huhu
Moi : "??"
Il me montre la radio et je vois un joli petit dessin sur les os de mon bassin... Je pense "mékeskecéça ?" et puis je comprends qu'en fait c'est le petit dessin qu'il y avait sur ma culotte, fait avec des paillettes bizarres qui sont passées à la radio ! Il a montré la radio à ses collègues sans cesser de huhuer, ça a dû lui faire sa journée. Quand même, quand j'y pense, quel non respect pour la vie privée de ma culotte. La pauvre.

J'ai aussi entendu des sons de baleine dans une salle toute capitonnée qui faisait peur... c'était le test des oreilles : ultra-sons et infra-sons.

Brefle, tout ça a duré 2 jours, et Erf Rance a aboutit à la conclusion que tout est bien à sa place dans mon corps. J'ai dit "Merci Erf, c'est gentil. WHAT NEXT ?"

Et ben NEXT : LA FORMATION COMMERCIALE

Qui fut longue.
Et dont le thème principal peut être résumé comme suit : "Comment répondre aux clients chiants ou mécontents ou riches ou chiants, mécontents et riches à la fois (jackpot les gars)" 

Exemples parmi d'autres :

- à la maman qui ne veut pas fermer le couffin-cabine de son bébé : la prévenir qu'en cas de trou d'air, on a vu des bébés se retrouver 3 rangées derrière, en s'étant pris les coffres à bagage en pleine tronche au passage.

- à la mamie qui ne veut pas garder son chienchien dans son sac esssspézial sac-de-voyage-pour-chienchien : lui rappeler que s'il s'échappe de l'avion, il y a des battues dans les aéroports pour tuer lapins et oiseaux, et que Chienchien a une espérance de vie de 2 jours.

Voyez le style... Le seul problème c'est qu'il faut arriver à sortir ça sans rigoler.

Autre point majeur de la formation : apprendre en quelques jours une langue étrangère. Celle de Erf.
Être capable de comprendre quand on nous dit : "Bon tu montes ta VRA, tu verifies les SPML, CHML, KSHR etc, tu vas prévenir le BLND, tu check les PMR avant le repas, et puis tu t'occuperas des UM et des PAX. Ensuite rapport au CCP qui le fera au CDB et CPL."
[Jeu : sauras-tu deviner ce qui se cache derrière ces lettres barbares ?]

Parce qu'il faut savoir que si on ne sait pas parler le Erf, ben c'est coton pour nous ! Encore ça c'est dans l'avion, mais quand on appelle le planning pour savoir où qu'est-ce que c'est qu'on va aller, dites, hein dites, où ? il faut réussir à capter ça : "Alors t'es sur la rotation 134, donc le DEL en 3-on, après t'as tes N40, et tu remballes sur le YUL rotation 472, en 3-on toujours. Voilà au revoir", cling, raccroche. Là on se retrouve bien bête ma bonne dame, et on se dit qu'on va attendre qq minutes et qu'on va rappeler en prenant une voix différente et en espérant tomber sur quelqu'un d'autre qui va donner les vraies dates et les vrais noms de villes...

Mais tout ça ce n'était que la formation commerciale...

NEXT STEP : LA FORMATION SÉCURITÉ
Et là les enfants ça rigole plus.

jeudi 17 avril 2008

J'ai menti

J'ai dit que j'étais revenue, mais en fait j'ai menti, j'y arrive pas, là.

Surtout que depuis 2 jours je fais tous les tests médicaux de la terre pour Erf Rance, et des fois c'est des tests mignons genre "Lisez les petites lettres s'il vous plait" et moi je lis les petites lettres, "très bien merci c'est fini. 12/10 aux deux yeux, bravo mademoiselle."
Voilà, CA c'est un test mignon. Et même que j'étais toute fière en sortant (douze sur diiiiix comment je suis trop forte didonc, je savais même pas que c'était possible).

Mais des fois c'est des tests pas mignons du tout, genre moi toute nue à qui on met de l'eau partout (ah ! c'est froid) et cling, des énormes pinces aux chevilles et aux poignets et un énorme truc autour du corps (qui écrase les seins, même si y'en a pas beaucoup) avec des capteurs en métal et des fils de partout, un peu plus je me serais crue sur la chaise électrique. Et relié à une machine avec laquelle ils font joujou à faire accélérer mon coeur tout seul... Ben je peux dire que c'est pas rassurant de voir des gens tourner des boutons au fond de la pièce et de sentir son coeur qui accélère d'un coup. Ca fait le même effet que quand d'un coup je vois arriver mon amoureux. Sauf que là, pas d'amoureux. Que des blouses blanches et des fils partout.

Et pour continuer dans le genre test-pas-mignon, un grand classique : la prise de sang. Déjà c'est pas la joie, mais au moment où le tube il est bien tout rempli de MON sang et que ouf c'est fini, en fait nan nan, elle débouche le flacon de l'aiguille, et en remet un vide. Argl, bon ok, 2e flacon, vas-y cocotte. Sauf que quand il est fini, cocotte débouche le 2e et en met un 3e. (Argl bis, bon ok, jamais 2 sans 3, mais argl, quand même)....
Bref.

5 FLACONS qu'elle a pris.

Oué.

Que déjà que je m'étais levée à 5h du mat et que j'avais rien mangé, je vous raconte pas comment ça vous diminue la vivacité d'une petite olive tout ça.
Je suis sortie complètement dans les vapes en m'appliquant à marcher normalement, quand cocotte m'a rattrapée pour me mettre dans les bras toutes mes affaires que j'avais oubliées...
(merci cocotte)

Et aujourd'hui, après encore un petit tour de médecins divers et variés (moyenne : 8 dans la journée) brief sur le palu et vaccin contre la fièvre jaune.

Vous l'avez compris, les piqûres et moi ça fait 2, mais là je m'étais courageusement préparée, j'avais choisi mon bras (gauche, parce que le droit il a encore le souvenir des 5 flacons hein), j'avais remonté ma manche au-dessus du coude et j'attendais patiemment (sans regarder) que le médecin ait fini de préparer ses trucs.
Il finit. Se retourne, me remonte la manche plus haut d'un coup, et en même temps qu'il me dit "prête ?" me plante l'aiguille, CHTAKKK dans l'épaule.
Je pense "AAAAÏÏÏÏÏÏÏEEUUUUHHH"
Il sourit et dit "oui c'est un peu traître [SANS BLAGUE !!!] mais ça passe mieux comme ça."

Depuis, mon bras gauche a la consistance (et l'utilité) d'un sac de sable qu'on m'aurait attaché au corps.
Et quand on sait que le droit essaye péniblement de récupérer des 5 flacons qu'on lui a pompé hier, moi je demande :

Qui qui va porter mes sacs de courses ??

Déjà rien que pour me laver les dents ce soir, c'était épuisant... J'ai fait un compromis : j'ai utilisé 10 secondes chaque bras par alternance.
Résultat j'avais du dentifrice plein le nez à la fin de l'opération, et j'ai ainsi pu confirmer que je n'étais pas ambidextre.

jeudi 7 février 2008

J'aime pas les stagiaires

Après ce long interlude survenu sous la forme d'un passionnant feuilleton, revenons-en à des choses plus terre à terre.
(ouahh le jeu de mot !! Vous avez compris ? eh dis, vous avez compris ? Air... terre... Comment je travaille trop mes transitions moi !)

Je voulais vous faire part d'une découverte.
Car chez Famalimard, j'ai découvert un truc trop bien !
C'est qu'il y a un service informatique !
Bon, jusque là, rien d'incroyable me direz-vous.
(Mais attendeeeez que j'aie fini de raconter ! vous répondrai-je).

Or le service informatique a une utilité !
Déjà là, elle a un petit côté scoop, mon information, hein pas vrai ? (hinhin...)
Je vous explique pourquoi.

Exemple pour mieux comprendre l'essplication :

ChefdeMoi veut une sortie papier d'une maquette de bouquin, en A3, couleurs, c'est-à-dire la grosse imprimante qui crache du 300 feuilles à la minute, et qui est à l'aaaauuutre bout du couloir tout au bout là-bas.
"Là tout de suite maintenant immédiatement comment ça ce n'est pas encore dans ma main ?" précise ChefdeMoi.

Hop hop, vite, courir à mon bureau, s'apercevoir qu'il y a 38 chapitres (ET DONC 38 fichiers pdf à ouvrir séparément et à lancer à l'impression séparément, j'adore). Aller chercher les 1ers chapitres avant de lancer tout pour faire au plus vite. Et 1, 2, 1, 2, pfiou, pfiouuuu arriver essoufflée à l'imprimante, prendre les feuilles, revenir 1, 2, 1, 2, donner à Chef, lancer la suite, repartir en courant, 1, 2, 1, 2, arriver, s'apercevoir que ah flûte quelqu'un a eu la bonne idée de lancer un truc entre-temps, mais il sait pas que mon truc c'est plus important ou quoi, pfiou, se reposer un petit peu du coup, ah voilà ma sortie, 1, 2, 1, 2, hop donner à Chef ("Et la fin alors ? c'est pour 2009 ?"), ne même pas s'énerver, lancer la fin, repartir en courant, 1, 2, etc, (eh, vous comptez tous seuls maintenant, hein), oh, l'imprimante a même fini avant que j'arrive, revenir hop hop, argh s'apercevoir qu'en fait elle n'avait plus de papier, il manque la fin, repartir (pfiou, pfiou, on souffle par la bouche), donner du papier à manger à la bête, prendre la fin, revenir au bureau, donner à Chef.
Et... s'effondrer de fatigue sur son siège.
Tout ça pour 1 seul truc. Imaginez-moi au bout de la journée, je vais bientôt être prête pour la Marathon de NY.
Or, bizarrement, c'est pas mon objectif.

Et, alors que je m'autorise 2 secondes d'avachissement sur mon fauteuil qui tourne, mes yeux tombent sur une imprimante A DEUX PAS de mon bureau. Limite je peux la toucher sans me lever.
C'est à ce moment précis de l'histoire que le service informatique entre en jeu.
Ni une ni deux, "tit tut tit tit" fais-je sur mon téléphone.
- oui ? me dit une jeune voix masculine
- Je veux cette imprimante sur mon ordinateur, dis-je fermement. 
- Alors acceptez-moi, me répond la jeune voix masculine.
- ...? réponds-je (avouez que c'est troublant tout de même...)

Mais avant d'avoir le temps de lui répondre une bêtise, je vois un gros truc orange clignoter sur mon ordi qui dit "ACCEPTE ACCEPTE". Moi, fraîche, naïve et innocente, je fais ce qu'on me dit.
ET LA... La jeune voix masculine prend le contrôle intégral de mon ordinateur ! Et j'entends dans le téléphone le clic de SA souris qui est en fait sur MON écran ! Trop ouf non ?
(Ceux qui ne trouvent pas ça ouf du tout, vous êtes gentils vous le disez pas, vous allez tout me casser mon trip sinon).

Bon et donc avec sa souris sur mon écran il fait tout un tas de trucs que j'ai rien compris, et puis "voilà !" "ben merci !" hop raccroche et hop, j'ai une imprimante à DEUX PAS de moi hinhin trop maline je suis. Le marathon de NY ça ne sera pas pour cette année, désolée.

Sauf que CA, c'était AVANT, parce que tellement je suis nulle en informatique et tellement ça va plus vite de les appeler plutôt que de réfléchir à comment résoudre le problème, que maintenant je les appelle 10 fois par jour.

OR au service informatique c'est rempli de stagiaires (masculins, est-il besoin de le préciser ?) qui repèrent les stagiaires en édito qui appellent 10 fois par jour, et qui leur font des BLAGUES DEBILES dignes d'un stagiaire en informatique, tiens.
Par exemple et au hasard, faire flashouiller un truc orange qui dit ACCEPTE sans que je lui ai demandé, et que, le réflexe aidant, je clique avant de dire ouf, et que paf je le vois faire sans pouvoir intervenir, un mic-mac d'enfer sur mon bureau d'ordi.

Trop chouette blague, merci Stagiaire.
Surtout que je ne sais pas lequel c'est.

Mais il ne sera pas dit que je ne me vengerai point... [ici, insérer au montage un rire sardonique]

lundi 4 février 2008

Tidim gling gling !

Ayé !! On est "demain", c'est la fin du feuilleton ! (huhu...)

Comme ça fait loooongtemps et que je vous connais, vous n'allez plus savoir où on en était, je vous fais un petit résumé des épisodes précédents.

"Previously, on Julie The Little Olive" [à dire avec la voix du mec-spécial-bandes-annonces] :

- du réveil matinal qui fait mal
- du stress
- du suspens
- de la tension
- de la course en tailleur-talons
- du coloriage
- des Kit Kat
- de l'ambiance StarAc
- des photos (euh ah non les photos, aucun rapport en fait)
- des expériences comportementales douteuses
- de l'humour de recruteur ErfRance
- du poireautage
- de la musique d'aéroport

Et la musique d'aéroport, c'est très important ! Parce que c'était le signal pour le ruerage... pour le ruement...? bon c'était le signal pour que les gens se RUENT sur l'écran qui disait "bouh vous on vous aime pas rentrez chez vous".

Et c'est LA que je tiens à décerner la palme de la perspicacité à la FéeSaPerspicace parce que je vous avais fait une petite blaaaague ! (huhu que je suis facétieuse...)
Et que en fait je n'y étais pas sur la liste des Jartés !

(Je tiens cependant à nuancer la perspicacitude sus-citée en précisant que je ne me serais certes pas cassé le popotin arrière à faire une saison entière sur un truc que j'aurais en fait lamentablement raté...)
Mais ne retirons pas à César ce qui appartient à LaFée, de toute façon, la palme je lui ai donné, et reprendre c'est voler, et les palmes c'est pas fait pour voler, alors LaFée t'ira à la piscine avec ta palme et picétou.

Ordonc, reprenons.
Pas de Julie la p'tite olive sur l'écran. Il est midi. (Paris s'éveeeille...)

Après les "Ce-n'eeest-qu'un-au-revooooir-mes-frères" larmoyants des Jartés envers les non-encore-Jartés et vice-versa, j'apprends par voix interposée de tidim gling gliiiiiiing que mon entretien individuel aura lieu à 16h.

Il est toujours midi.
Or Paris s'éveille peut-être, mais Villepinte, carrément pas. Je tente une sortie. Ah ! j'aperçois quelqu'un au loin. Ah, ça y'est, il a disparu.
Oh, une voiture passe. Elle tourne, le silence revient.
Bon.
Opérons un repli stratégique vers la salle d'attente. Salle d'attente largement pourvue de fausses plantes en plastique, ai-je omis de préciser.
Je constate que les autres non-encore-Jartés ont eu le même premier mouvement - sortir - puis la même constatation - "ouh, ya rien dehors" - puis la même décision finale - rentrer et attendre.

Si je résume nous avons donc tout un tas de gens qui n'ont rien à faire et qui sont enfermés ensemble dans une pièce. Avec des plantes en plastique.
Ca fait *tilt* ?


Huhu, et voui ! Nous somme en effet passés en quelques heures de la StarAc à LoftStory ! (ça dégringole vite).
Même que, l'effet "tous-dans-le-même-bateau" aidant, on s'est retrouvés à faire une mission "cherchage de micros" dans les plantes en plastique, et on a même été cacher le porte-manteau parce qu'il avait des boules qui pouvaient facilement cacher des caméras grand-angle, et que ça nous paraissait drôlement suspect.

Ah oué, 4h d'attente dans le stress, ça vous transforme une poignée de non-Jartés sympathiques en gang organisé hautement paranoïaque !

Bon je vous épargne les passe-temps intermédiaires et autres concours de lançage de chaussure à talon (oui... ben... oui, quoi... de toute façon maintenant qu'on avait viré les caméras, ils pouvaient plus nous voir !)

Et à 16h, arrive un gentil monsieur qui appelle mon nom (j'ai failli lui répondre "tidim gling gliiing ?") et qui, pendant 40 minutes prendra mon CV point par point et me posera tout un tas de questions très intéressantes, mais n'ayant absolument AU-CUN rapport avec ErfRance, même de loin.
Je lui ai fait une dissertation orale improvisée sur la littérature et son importance pour la société, sur le rôle de l'éditeur et sur la manière de concevoir un livre y compris dans sa forme, et il a eu l'air très content.

Suite à quoi : réponse dans 2 jours hinhinhin...

Mais non, les 2 jours c'était à moi de les attendre, et de toute façon comme j'ai déjà flingué mon suspens, je peux bien vous le dire : J'AI ÉTÉ PRIIIIIIIIIISE WOUHOU !

Et j'aurai bien sûr plusieurs jours de formation. (Je le dis, parce que je sens que sinon, tout le monde va éviter ErfRance cet été...)

Donc voualaaa.
Il était bien mon feuilleton hein ?
Mais là j'arrête parce que pfiou, c'était fatigant...

jeudi 31 janvier 2008

souris de laboratoire

Aight, guys.

La pause est finie ! (C'est bon ? Tout le monde a finit son Kit Kat ? Toi dans le fond tu te dépèches s'il te plait, tout le monde t'attend. Non, Kevin, tu n'écrases pas la dernière barre dans les cheveux de ta camarade, ça n'est pas gentil !)

Alors, ce soirrr : LA SUITE ! (De ça, qui est elle-même la suite de ça, eh attend, faut suivre hein, j'ai des lecteurs EXIGEANTS moi ça rigole pas)
:)

L'épreuve de groupe.
(c'est le titre)

Où l'on nous met dans une salle autour d'une table,
où le jury s'installe en rang devant nous,
où l'on nous donne chacun un dossier,
et où l'on nous dit "vous ne parlez pas, vous avez 6 minutes."

Là : feuillette, feuillette, le dossier, lit en diagonale (pinaise, plus que 3minutes 30 !), prend des notes pour faire genre, regarde en coin pour voir comment ils font les autres, ah eux aussi ils te regardent en coin pour voir comment toi tu fais, ouh la, ça fait déjà 5 minutes 40 secondes, vite, ferme le dossier, on va faire croire que t'as tout lu dans le temps. Lève la tête. Souris.

"Les 6 minutes sont écoulées. Vous avez maintenant 27 minutes."

Là : quelques secondes de silence, tout de même... Peut-être qu'elle n'a pas finit sa phrase ? Peut-être qu'elle prend une grande respiration avant de continuer et de nous dire ce qu'on doit faire ?


Ah non.

Coups de yeux incertains entre les candidats, il faudrait peut-être que quelqu'un parle, vous en pensez quoi ? Refeuillette refeuillette, aaaaah en fait c'était écrit là-dedans, ok, la dernière page qu'on n'avait pas eu le temps de lire.

Quelqu'un pose une question, quelqu'un répond, et c'est parti pour la "réunion de travail" et "l'organisation commune du projet", hyper naturel et tout, comme s'il n'y avait pas tout un jury qui nous observe en prenant des notes et en se faisant lire les trucs qu'ils écrivent, comme si on n'avait pas l'impression d'être des souris de laboratoire en pleine expérience comportementale, non non.

Et d'ailleurs, maintenant que j'y pense, c'est à peu près exactement ça : une expérience comportementale. Ils s'en tamponnent royal du projet, et d'ailleurs c'est pas un projet c'est une ENIGME leur truc, dans le plus pur style "trouvez la solution gniark gniark gniark".
J'essplique.
En gros, chacun avait un groupe de touriste, et il fallait organiser un circuit d'une journée qui satisfasse tout le monde. Au Costa Rica.
Jusque là tout va bien.
Mais attendez.
Moi j'avais 20 scientifiques internationaux entre 30 et 50 ans qui voulaient voir que des parcs naturels. Une autre elle avait 8 couples en lune de miel qui voulaient faire un dîner aux chandelles. Un autre il avait des jeunes qui voulaient faire du shopping dans la capitale. Un autre elle avait des familles qui voulaient des jeux pour les enfants. Un autre un groupe d'Italiens qui, eux, ne voulaient rien faire, etc.
Là, vous entrevoyez que tout va déjà moins bien.

Et par-dessus tout ça, eux qu'est-ce qu'ils font ? Pendant qu'on est sagement (toujours de manière très naturelle n'est-ce pas) en train d'organiser tout ça, ils nous tendent des feuilles en disant "un fax vient d'arriver" (et nous on prenait les feuilles et on disait "oh ! un fax vient d'arriver !" huhu) pour dire que le nord du pays est subitement en proie à une guérilla et que donc interdiction de passer par là. Comme par hasarrrrrrd juste au moment où tout le monde s'était mystérieusement mis d'accord pour passer par le nord. Ou alors un rapport météo pour dire qu'une tempête est prévue pour le lendemain matin, qui nous ruine notre sortie au parc naturel, alors qu'on venait juuuste de réussir à convaincre les touristes Italiens de se bouger le c*l pour y aller. On a même eu un fax pour dire qu'un de nos clients était en état d'ébriété dans le hall de l'hôtel.

Eh.
On dirait pas comme ça, mais faut avoir de l'humour pour être recruteur hein.

Bref, ils s'en tamponnent du projet, disais-je, l'important c'est comment on ESSAYE de le résoudre. Oué c'est hyper spikologiques les entretiens à ErfRance.

Tout ça en 27 minutes.
Et quand on a eu fini de pas réussir, hop, back into ze salle-d'attente-terminal-d'embarquement pour 1h de poireautage et papotage. La différence, c'est que là, y'avait matière à papotage (Han ! et le chauffeur costa-ricain du bus, on avait oublié de le compter dans la liste pour le resto ! mince, ça fait mal vu d'oublier le chauffeur du  bus, nan ? t'en penses quoi ?)

Et à la fin du poireautage : "tididim gling gling !" (je le fais bien la p'tite musique d'aéroport, hein ?) paf, la liste des JARTÉS toujours.

Et le problème, c'est que là...

[Suite et fin demain poil-aux-mains]

lundi 28 janvier 2008

Aïe spique ingliche

Bon, hier j'ai dit "la suite demain", mais en fait j'étais folle un peu.

C'est limite si j'aurais pas envie de tomber malade à la mode Sixtine pour enfin avoir du teeeeemps. Ne voir persoooonne.

Non, j'ai l'air de me plaindre comme ça, mais en fait pas du tout. La vie, c'est magnifique, les contacts humains sont la joie quotidienne, l'Homme est fondamentalement bon. Toussa.
Oué.

(Vous ai-je déjà dit que je suis particulièrement peu réceptive à la méthode Coué ?)
Pourtant j'essaye hein.

Extrait de conversation téléphonique de Chef de moi, aujourd'hui :
"-  Non, je voudrais avoir une réponse à ma question, mademoiselle.
- (réponse inaudible)
- Mais si vous ne servez même pas à ça, mais à quoi servez-vous alors ?
- (réponse inaudible)
- Vous ne servez à rien, c'est bien ce que je disais. Taisez-vous. [Cling, raccroche]."

Elle était en forme aujourd'hui. Et que se passe-t-il quand elle est en forme ? Moi je le suis de moins en moins au fur et à mesure de la journée.
Car figurez-vous que depuis le grrrrrrrrrand déménagement, où se situe mon bureau ? PILE en face d'elle quand elle ouvre la porte. Mais genre, pile, on ne peut pas faire plus pile que ça.
Résultat, je découvre que c'est un BONHEUR incomparable de pouvoir travailler tranquille sans être dérangée toutes les 30 secondes pour faire et chercher des millions de trucs divers et variés ET (est-il besoin de la préciser ?) chiants.

Bref.
[Inspire hummmmph, expire fiouuuuu]

Le sujet de ce soir, c'était "la suite" (la suite de ça, pour ceux qui viennent d'arriver).

7h35, le RER arrive. C'était évidemment foutu. Après hésitation entre y aller et me faire jeter ("l'heure, c'est l'heure mademoiselle !" je l'entendais déjà) et rentrer chez moi vite pour me refoutre sous ma couette et DORMIR, mon choix a vite été fait.
Mais comme je suis grave une rebelle, même vis-à-vis de moi-même, bah j'ai fait le contraire, et j'y suis quand même allée. hehe ouais.

Je sors à PARC DES EXPOSITIONS (comment je la hais cette station...). Il fait nuit. Je cours. Avec mes talons. (Tac tac tac tac ti-clop aïe tac tac tac etc.) Vous avez remarqué que c'est le jour où vous devez mettre des talons que d'un coup, pouf, les rues elles sont pavées ? Moi ça loupe jamais.

En courant, je remarque un immeuble allumé (à cette heure-là, y'en n'a pas beaucoup, ça aide), plein de monde dans le hall, je rentre en coup de vent, un type est en train d'entrer dans une salle au bout, je cours, il me tient la porte, je rentre, la porte se referme derrière moi. Personne n'a calculé mon arrivée.

Et c'est LÀ que je comprends... que toute cette masse de gens a mis plus de 5 minutes à passer par la porte.

C'était tellement FACILE j'en rigolerais presque.

Ni vue ni connue (un poil essoufflée, mais on dirait que c'était l'émotion d'accord ?), je m'assois, 1ère épreuve : test d'anglais éliminatoire.
Avec les feuilles électroniques horribles, où faut s'amuser à colorier les ronds comme en maternelle, sans dépasser (en s'appliquant bieeeen et en tirant la langue). Le genre de truc ou tu t'aperçois à la fin que t'as tout décalé tes réponses et que faut que tu gommes tout et recommences.
Après que des gens eurent parlé dans mes oreilles, en anglais mais avec des accents tout  bizarroïdes et quelques fois parfois souvent presque tout le temps incompréhensibles (dans ce cas-là : choper un mot, et essayer de deviner la réponse la plus cohérente en fonction dudit mot), il faut que la machine lise nos coloriages, alors on nous fait attendre dans une salle d'attente qui est en fait un terminal d'embarquement, youpla boum, comme ça, ça va, on ne jure pas trop avec le décor.

Après 1h de poireautage et bavardage avec les autres gens, "tidim gling gling", petite musique d'aéroport et affichage de ceux qui doivent JARTER sur l'écran.
AH oué ! Ils se la jouent StarAc chez Erf Rance. Du coup, les gens ils se la jouent StarAc aussi, genre "Non... mes frères... c'est ici que le chemin s'arrête pour moi... Continuez... Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi..." et même y'en a qui pleurent (jvous juuuure). Mais aussi, les gens ils venaient de province, ils avaient dû payer billet de train, hôtel, et tout, alors se faire remballer à 9h du mat, c'est sûr, c'est moyen agréable.

Et là, est-ce qu'il y avait mon nom sur l'écran ?? Hein ? 
Et ben non ! wouhou !

Ok c'est quoi qu'on fait après dites c'est quoi dites, comment chui trop forte, allez dites qu'est-ce qu'il faut faire maintenant dites, allez ?

Et là on me répond.

"L'épreuve de GROUPE."

Olé.

[Suite demain.]
[Mais bon, je suppose que vous aviez compris.]

dimanche 27 janvier 2008

Les sorties se situent au fond de l'appareil...

Ayé je reprends du service ! Wouhou.

Aujourd'hui, les enfants, nous n'allons pas parler livres, nous allons parler AVIONS.
Et oui, c'est comme ça chez Julie la p'tite olive, on sait varier les sujets avec esprit et à-propos.

Car curieux comme des belettes vous étiez, de savoir pourquoi tout ce temps sans écrire j'ai passé !
(Oui, je suis en pleine période Yoda Staïle Langouèdge, là... vous en faites pas, ça va me passer).

Et ne me contredisez pas, vous étiez curieux, je l'ai SENTI.

Ordonc.

Figurez-vous que, par un beau jour de janvier 2008-l'année-de-la-blague-pourruite, arrive dans ma boîte mail, un... mail (oui, bravo à ceux qui ont trouvé !) venant d'une entreprise relativement connue, dont l'activité principale consiste à faire voler des aéronefs plus lourds que l'air, entraînés par des organes moteurs dont la sustentation en vol est obtenue principalement par des réactions aérodynamiques sur des surfaces qui restent fixes dans des conditions données de vol.
Voilà.
Ah on me dit dans mon oreillette tu te fous de not' g*eule ou quoi ?
Meuh point du tout cher monsieur, je m'essayais à la métaphore poétique.

Bon ok on va faire moins technique et plus ludique : ça commence par "A" et ça finit par "irFrance"... attention qu'est-ce qu'il manque ?
(huhu, qu'est-ce qu'on s'amuse)
Oui, je l'ai entendu ? Oui, oui ?
"Rien du tout !!" Exxxcellente réponse, toutes mes félicitations !

Ordonc, reprenons. Je reçois le mail, qui arrive en réponse à un dossier que j'avais envoyé il y a à peu près 1000 ans et que j'avais déjà presque oublié, pour faire hôtesse de l'air, mais QUE l'été et QUE pour les étudiants. Je le lis avec une attention scrupuleuse... Et là, que lis-je ? (Attention accrochez-vous bien) :
Que la sélection se déroulera à 7h30 précises.
Et que (relevez-vous, et réaccrochez-vous, mais bien, cette fois) elle aura lieu à Villepinte. C'est-à-dire à 2 pas de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, c'est-à-dire à au moins 10 000 km de Paris. Au moins.
Et que (bon, là vous êtes par terre, restez-y vous allez finir par vous faire mal), je cite, "tout retardataire sera automatiquement éliminé".

Boooon. Sachant que le retard est inscrit dans mon code génétique, on peut tout de suite dire que ça commence bien cette histoire.

Mais courageuse je suis, et puis n'est-ce pas, "l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt" hum hum hum. 

Alors à quelle heure que j'ai mis mon réveil le jour J, hein, à quelle heure ?

4h30.

Si.
J'vous jure.
(parce qu'en plus, à cette heure-là il me faut au moins 30 min d'émergement, c'est im-pos-sible sinon).

Ensuite de quoi je me prépare toute bien, les chaussures à talons de plante verte (j'ai l'habituuuuuuuu-deeeeee), les collants chair AVÉ une paire de rechange dans le sac, c'est la première chose qu'on apprend en stage intensif de plante-vertage, le maquillage "soutenu" (ça m'a toujours fait rigoler ça, "soutenu"), et même le filet pour le chignon de danse classique que j'ai ressorti pour l'occasion (ouuuh émouvant, ça me rappelle mes pestacles de petite fille).

Et voilà. C'te tête d'hôtesse de l'air, je vous raconte pas.

6h11 : premier RER. Je suis dans le timing. Parfait.
6h44 : 2e RER. Je suis toujours dans le timing. Parfait.
(Je remarque au passage qu'à 6h44, bizarrement, il y a zéro femmes dans le RER, et que bizarrement être en tailleur jupe, c'est pas ce qu'il y a de plus agréable à 6h44 dans le RER. Bizarrement).
7h18 : je sors à la station Villepinte. J'ai 10 minutes d'avance. Je suis fière de moi comme rarement. "L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt", je crois même que je l'ai pensé sur le coup... Bref c'est l'avènement d'une nouvelle Moi.
7h19 : Je cherche la rue sur le plan. Ne la trouve pas.
7h20 : Je demande la rue à la madame derrière la vitre. Elle me répond "Ah non, vous vous êtes trompée, c'est la station suivante".
7h20 et 2 centièmes : buggage de mon cerveau. La madame derrière la vitre a la surprise d'observer une pseudo-hôtesse de l'air en pleine pétrification de stupeur.
La sélection se déroule bien dans la VILLE de Villepinte, mais à la STATION Parc des Expos.

Oui...

Non, ne dites rien...

Et y aller à pied, c'est possible ?? Non catégorique de la madame.
Même en courant ? NON.
Et un taxi ? là si je l'appelle tout de suite ? Non plus.

Je regarde l'écran, le prochain passe à 7h28.
Délibérage à la vitesse grand V : et si jamais pour une fois, le RER mettait SEULEMENT 1 minute pour aller à la prochaine station, et si je mettais SEULEMENT 1 minute pour trouver où c'est ? Hein ? Dites ?

Et d'abord, elle est passée où ma pote la Chance ? Hein ??

Les yeux rivés sur l'écran, je vois avec horreur le changement se produire : le train est maintenant programmé à 7h29. (Modification express dans cerveau  buggé de moi : et si il mettait QUE 30 secondes jusqu'à la prochaine station, et moi QUE 30 secondes pour trouver ?)

Oui, dans ces cas-là, le réalisme s'évapore comme par enchantement de mon cerveau, parce que le pire, c'est que j'y crois dur comme fer.

Et alors là, mes enfants, c'est l'apocalypse.
Le train a un problème. Il est maintenant programmé à 7h30, puis 31, 32, 33, 34.
Le quai de Villepinte a désormais 2 trous commémorant l'endroit où j'ai trépigné pendant 7 éternelles minutes.

Je me répète en boucle "c'est pas grave, je vais pouvoir rentrer chez moi et dormir. C'est pas grave."
Mais je ne sais pas... je n'ai pas l'air méga-réceptive à la méthode Coué...

Le train arrive à 7h35.

[La suite demain.]

[BAM cassage de la tension hihihi... Rohh j'ai pas honte de faire ça ?
Bah non... J'ai pas honte.]